Il y a quelques temps, j'avais fait la promo du football, mais je dois avouer que jusqu'à hier, je la jouais petit, tout petit...
Aller au bistrot voir le match, c'est joyeux, bon enfant, débridé,... sympatoche quoi.
Mais aller voir un match de poule de Mondial, dans un café avec de vrais supporters déchainés est une autrement plus audacieuse expérience...
 
La soirée match avait commencé normalement. On s'était donné rendez-vous avec quelques amis sur une place qui diffusait Belgique-Algérie sur écran géant. Une foule colorée noir-jaune-rouge chantait joyeusement la brabançonne la main sur le cœur, sous les odeurs de frites et de bière, et criait son bonheur dès qu'un joueur ou l'entraineur apparaissaient sur la télé.
Car oui, l'écran dit géant était juste un peu plus grand que mon poste de salon mais sa définition s'approchait plus d'une œuvre pointilliste que de la HD... Il fallait être drôlement fort pour distinguer quoi que ce soit.
Qui plus est, comme je suis un peu basse de plafond, il suffit que j'aie un gars de plus d'1,72m devant moi pour que ma vision se réduise à rien, je peux alors apercevoir si je suis chanceuse un bout de pelouse par-ci par là, et là, en l'occurrence, des gars - chapeautés ou cornus avec ça -  il y en avait genre 3.000, je dirais, à vue de nez.

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Bref la première mi-temps fut moyennement suivie, ce qui finalement eut peu d'importance : des Diables Rouges mous du genou et un but poussif sur péno pour les algériens.
 
A la pause, une amie me souffle qu'au bistro d'à côté, pas plus loi qu'à 20m, il y a 3 écrans, qu'on y voit de partout et que surtout, ultime argument - on peut consommer autre chose que de la Jupiler.
 
Ni une, ni deux, nous voilà dans le troquet.
 
Le match reprend.
Et là je me rends compte soudain que je suis dans un autre monde.
Le public dissipé d'accord, mais plutôt coloré et gentillet de dehors a soudain été remplacé par un groupe d'individus, vociférant des insultes à l'arbitre (forcément minable, si pas corrompu), beuglant sur les joueurs, hurlant des "attaquez! attaquez!" qui couvraient la voix du commentateur,...  ah pour être pittoresque, ça l'était!
 
Pendant ce temps là, à chaque action offensive des belges, Gigi ma voisine serrait ses petits poings en poussant, telle un oisillon, des "oui! oui!" ... C'était mignon, et pour le coup, ça faisait drôlement contraste.
 
Au premier but, les murs ont tremblé, je me suis pris une douche de bière, et j'ai regretté de ne pas avoir pensé à prendre de boules Quiès (ça fait un bruit de gueux ces trompettes en plastique, surtout à l'intérieur!).
Au deuxième, celui de la victoire, j'ai craint un instant qu'il ne faille appeler l'ambulance pour le type juste à côté de nous qui est devenu en une seconde aussi rouge que son t-shirt.
Mais ses cris m'ont rassurée... il était bien vivant!
 

2014-06-17 19

Tranquillisées par la victoire de notre équipe et la bonne santé de nos voisins de table (enfin physique... pour la santé mentale, je ne m'engage pas), nous pouvions dès lors aller retrouver nos amis sur la place.
 
Mais bon,... j'avais pu voir le match sur un écran digne de ce nom, et surtout, j'ai appris malgré moi que, oui, il est possible de rester distinguée  - j'ai pas dit séduisante, faut quand même pas charrier - avec des relents de houblon dans les cheveux.

Test réussi!