170214-8

J'ai aimé cet instant hors du temps, éphémère
que nous nous sommes offert en cette soirée d'été
fugace sensualité qui m'a laissée comblée,
Bonheur instantané, une sieste putassière
 
Rencontre inattendue sur un air de vacances
Regards complices, brûlants, magnétiques, envoûtants
Tu viens sans d'autres mots que quelques frôlements
Et déjà tes lèvres domptent ma résistance
 
On s'attire, on s'allèche, on se bouffe, on se boit
Et succube gourmande, je succombe aussitôt
Au désir m'emportant en exquis vibratos
Décidant malgré moi que mon cul s'ouvre à toi
 
Très vite, dans mes courbes, ton souffle chaud se niche
Et ta langue intrusive qui goûte mes émois
Tes mains déjà complices glissent au creux de moi 
écrivant sur ma peau d'espiègles acrostiches
 
Envie d'être insolente, transgressive, effrontée
D'oser des tripotages et paroles interlopes
M'enhardir sans rougir à être une salope
Répondre sans limites à ta trivialité
 
Alors que tu opines, ravi, à mes envies
de te bouffer le jonc, de te polir le fion,
de t'astiquer le manche, de m'engluer le con,
J'oublie jusqu'à mon nom dans cette griserie.
 
Multiples sensations m'assaillent et me pressent
j'accueille sans scrupules ce sublime abordage
et te laisse à loisir accomplir le pillage
Des derniers vestiges qu'il me reste de sagesse.
 
C'est un buffet garni de sensualité
Festin souverain de suprêmes jouissances
De chair et de luxure follement faire bombance
De caresses et baisers ne pas se rassasier.
 
Et quand dans la nuit tiède nous nous sommes désunis
Aucune parole vaine n'a troublé notre adieu
Emporté par le vent des abîmes amoureux
Vers la réalité, chacun est reparti.
 
J'ai aimé ces quelques heures entre parenthèses
Celles où le corps s'affole, mais le cœur reste sage
Où l'amant magnifique ne fut que de passage
Et nul attachement n'entrava la fournaise.
 
De toi, je ne sais rien, que l'odeur de ta peau
et les stigmates brûlants que laisse en souvenir
cette complicité qui n'aura d'avenir
que dans l'image floue de ce divin tango.